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FIPECO le 17.10.2017

Les fiches de l’encyclopédie                                VIII) Assurances sociales et redistribution

                               

7) La politique familiale

 

 

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Les dépenses publiques et les avantages fiscaux ne sont pris en compte dans cette fiche que si leur montant dépend du nombre d’enfants dans le foyer concerné et si elles relèvent ainsi de la politique familiale. En sont donc exclus les dispositifs sociaux et fiscaux en faveur, par exemple, des ascendants ou des jeunes adultes étudiants. Cette fiche ne tient pas non plus compte des dépenses publiques consacrées à l’éducation des enfants et à leur santé.

 

Le périmètre ainsi défini de la politique familiale reste imprécis car de nombreuses prestations sociales (pensions de retraite, allocations de logement…) varient en fonction du nombre d’enfants tout en ayant d’autres finalités que l’aide aux familles et il n’est pas toujours aisé de mesurer la part de ces dépenses qui relève de la politique familiale.

 

Sous cette réserve, les « comptes de la protection sociale » permettent de connaître les dépenses les plus directement associées à la politique familiale sur ce périmètre, qui sont principalement celles du « risque famille » de la sécurité sociale. Des comparaisons internationales sont possibles sur un champ relativement proche.

 

La direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) du ministère des affaires sociales publie également, en marge de ces comptes, une estimation de « l’effort social de la Nation en faveur des enfants » dont le champ est plus large et inclut notamment l’impact du nombre d’enfants sur d’autres prestations sociales ainsi que sur certains impôts. Il n’est pas possible de comparer cet effort à celui des autres pays.

 

Le « programme de qualité et d’efficience » annexé au projet de loi de financement de la sécurité sociale et consacré à la famille donne enfin des indications sur la redistribution en faveur des familles avec enfants.

 

A)   La famille dans les comptes de la protection sociale

 

Les comptes de la protection sociale couvrent les prestations des régimes de sécurité sociale[1] ainsi que les dépenses d’autres administrations publiques (collectivités locales, hôpitaux…), d’institutions privées sans but lucratif et de certains employeurs en faveur des enfants.

 

Les dépenses relatives au « risque famille » se sont élevées, tous financeurs confondus, à 54,3 Md€ en 2015, soit 2,5 % du PIB, après 54,1 Md€ en 2014. Le tableau suivant en donne la décomposition en 2015. La part des « administrations publiques » s’est élevée à 49,2 Md€ en 2015, soit 2,2 % du PIB, après 49,3 Md€ en 2014.

 

1)    Les dépenses du « risque famille »

 

Les dépenses du « risque famille » en 2015 (Md€)

 

Allocations familiales

12,8

Complément familial

1,9

Allocation de soutien familial

1,5

Allocation de rentrée scolaire

2,0

Prestation d’accueil du jeune enfant de base

4,1

Prestation d’accueil du jeune enfant assistante maternelle

5,7

Prestation d’accueil du jeune enfant complément d’activité et autres  

2,6

Accueil des jeunes enfants (crèches publiques)

6,0

Accueil et hébergement par associations

4,6

Aide sociale à l’enfance

2,6

Compléments de rémunération

2,8

Indemnités journalières maternité

3,1

Autres

4,5

Total

54,2

Source : CAF ; FIPECO.

 

Les allocations familiales (4,9 millions de familles bénéficiaires en décembre 2016) dépendent du nombre d’enfants de moins de 20 ans à charge, s’ils sont au moins deux, et, depuis 2015, des ressources du ménage.

 

Les allocations familiales mensuelles en 2017 selon la tranche de revenu

 

Nombre d’enfants

Tranche 1

Tranche 2

Tranche 3

2

129,86 €

64,93 €

32,47 €

3

296,23 €

148,12 €

74,06 €

Par enfant supplémentaire

166,38 €

83,19 €

41,59 €

Source : caisse nationale d’allocations familiales ; FIPECO

Pour deux enfants, la tranche 1 va jusqu’à 67 408 €, la tranche 2 de 67 408 € à 89 847 € et la tranche 3 commence à 89 847 € ; ces seuils sont relevés de 5 617 € pour chaque enfant supplémentaire.

 

Le complément familial (0,9 million de bénéficiaires en décembre 2016) est versé sous condition de ressources aux familles ayant au moins trois enfants de 3 à 21 ans. Son montant est de 169 ou 237 € par mois selon les ressources du foyer.

 

L’allocation de soutien familial (0,7 million de bénéficiaires) est versée pour élever un enfant privé de l’aide de l’un ou deux de ses parents. Son montant mensuel est de 110 € par enfant.

 

L’allocation de rentrée scolaire (3,0 millions de bénéficiaires) contribue, sous condition de ressources, à réduire le coût de la rentrée scolaire. Son montant par enfant, versé fin août, varie de 364 à 397 € selon son âge.

 

La prestation d’accueil du jeune enfant (2,1 millions de bénéficiaires) est attribuée pour chaque enfant né ou adopté. Elle prend diverses formes : prime de naissance ; allocation de base versée jusqu’au 3ème anniversaire, à hauteur de 92 € ou 184 € par mois, selon les ressources ; contribution à la rémunération d’une assistante maternelle ; compensation de la perte de rémunération résultant d’une cessation d’activité.

 

Les dépenses d’accueil des jeunes enfants couvrent surtout le fonctionnement des crèches municipales ou privées. Les dépenses d’aide sociale à l’enfance sont celles des associations privées.

 

Les compléments de rémunération sont versés par les employeurs en fonction du nombre d’enfants. Il s’agit notamment du « supplément familial de traitement » dont bénéficient les fonctionnaires.

 

Source : DREES ; financements publics et privés ; FIPECO.

 

Le total des dépenses consacrées au « risque famille » est relativement stable en pourcentage du PIB (de 2,4 à 2,7 % selon les années).

 

2)    Comparaisons internationales

 

Eurostat distingue les dépenses en faveur des familles et des enfants des pays européens dans sa classification des dépenses publiques par fonction.

 

Ces comparaisons ne sont pas faciles à interpréter car les interventions publiques en faveur des familles peuvent prendre des formes très différentes d’un pays à l’autre. En particulier, ils peuvent avoir plus ou moins recours aux prestations sociales ou aux avantages fiscaux.

 

Sous cette réserve, le graphique suivant montre que ces dépenses sont plus importantes en France que dans la moyenne de la zone euro ou de l’Union européenne en 2015. Il apparaît également de grandes disparités entre pays, la France se situant dans un groupe où ces dépenses sont élevées, avec la Belgique et la Suède, alors qu’elles sont nettement plus faibles en Espagne et aux Pays-Bas.

 

 

Source : Eurostat ; FIPECO.

 

B)   L’effort social de la Nation en faveur des enfants

 

L’effort social de la Nation en faveur des enfants est compris entre 75 et 94 Md€ en 2013, dernière année où il a été calculé, soit entre 3,5 et 4,4 % du PIB. Outre les prestations sociales du « risque famille » versées par les administrations publiques (49 Md€), il comprend les dépenses et les avantages fiscaux suivants.

1)    Les prestations sociales relevant principalement d’autres risques

 

Des prestations sociales relevant d’autres risques (vieillesse, logement, pauvreté…) sont modulées en fonction du nombre d’enfants et contribuent à l’effort de la Nation en leur faveur.

 

Les avantages familiaux associés aux pensions de retraite sont les plus importants (18 Md€). Ils comprennent des majorations de durée d’assurance et de pension, « l’assurance vieillesse des parents au foyer » et les pensions versées dans la fonction publique aux personnes parties avant l’âge de droit commun en raison du nombre de leurs enfants.

 

Pour les autres prestations, le montant imputable à l’effort en faveur des enfants est obtenu en simulant sur un échantillon représentatif les prestations reçues par les ménages d’abord sans enfant puis avec les enfants qu’ils ont effectivement.

 

Le supplément de prestations versé en fonction du nombre d’enfants est de 4 Md€ pour les aides au logement et de 1 Md€ pour le RSA.

 

2)    Les charges de gestion et les investissements

 

Les charges de gestion des caisses d’allocation familiale et les dépenses d’investissement, réalisées par elles-mêmes ou subventionnées (plan crèches) représentent 3 Md€.

 

3)    Les prestations des employeurs

 

Les prestations familiales versées directement par des employeurs (crèches d’entreprises par exemple) représentent 4 Md€.

4)    Les avantages fiscaux

 

La politique familiale prend également la forme de « dépenses fiscales », c’est-à-dire de mesures dérogatoires par rapport à une « norme fiscale ». Seules celles qui concernent l’impôt sur le revenu sont recensées dans l’effort social de la Nation en faveur des familles[2].

 

Le « quotient familial », dont le coût était de 13 Md€ en 2013, est emblématique des difficultés de définition de la norme fiscale de référence. Pour certains, il devrait être considéré comme une dépense fiscale en faveur des familles parce que l’application du barème de l’impôt sur le revenu constitue la norme et qu’il permet de réduire l’impôt par rapport à cette norme en fonction du nombre d’enfant. Pour d’autres, la norme est d’appliquer le même taux moyen au revenu de ménages ayant le même « niveau de vie », celui-ci étant entendu comme leur revenu divisé par leur taille (exprimé en nombre de « parts » s’agissant de l’impôt sur le revenu), ce que permet le quotient familial. Le quotient familial n’est pas inscrit sur la liste des dépenses fiscales annexée aux projets de lois de finances.

 

Les dépenses fiscales en faveur des familles recensées sur cette liste comprennent le crédit d’impôt pour frais de garde des enfants âgés de moins de six ans (1 Md€). La DREES ajoute la part de la prime pour l’emploi, de la réduction d’impôt pour emplois à domicile et d’autres crédits et réductions d’impôts imputable à la satisfaction des besoins de famille avec enfants (1 Md€).

 

Les avantagés fiscaux en faveur des enfants sont au total compris entre 2 et 15 Md€ selon la conception de la norme de référence et donc le statut attribué au quotient familial.

C)    La redistribution des revenus en faveur des familles avec enfants

 

Le « programme de qualité et d’efficience » annexé au projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 et consacré à la famille montre l’impact des prestations sociales et des dispositifs fiscaux sur le niveau de vie médian des ménages avec ou sans enfant. Le niveau de vie est ici mesuré en divisant le revenu du ménage par sa taille mesurée non en parts de quotient familial mais selon une méthode définie par l’Insee.

 

 

 

Impact des impôts et prestations sur le niveau de vie en 2016

 

Couples

 

Enfants

Niveau de vie avant (€)

Niveau de vie après (€)

Variation (%)

0

27 062

25 662

- 5,2

1

23 180

23 701

+ 2,2

2

20 915

22 083

+ 5,6

3 ou +

14 460

17 745

+ 22,7

Source : annexe au projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2016 ; FIPECO

 

Les couples ont un niveau de vie avant impôts et prestations qui diminue avec le nombre d’enfants. Les dispositifs sociaux assurent une « redistribution horizontale » des revenus en faveur des familles en relevant d’autant plus leur niveau de vie que leur nombre d’enfants est élevé. En revanche, ils réduisent le niveau de vie des couples sans enfant. Le niveau de vie après impôts et prestations des couples avec enfant reste néanmoins inférieur à celui des couples sans enfant.

 

Impact des impôts et prestations sur le niveau de vie en 2016

 

Célibataires

 

Enfants

Niveau de vie avant (€)

Niveau de vie après (€)

Variation (%)

0

19 279

18 801

- 2,5

1

13 294

15 539

+ 16,9

2

8 332

13 626

+ 63,5

Source : annexe au projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2016 ; FIPECO

 

Le niveau de vie des célibataires est inférieur à celui des couples, pour un même nombre d’enfants. Les prestations et impôts contribuent à relever le niveau de vie des célibataires avec enfant, particulièrement celui des célibataires avec deux enfants, au contraire de celui des célibataires sans enfant.

 

Par ailleurs, les prestations familiales réduisent sensiblement le taux de pauvreté des enfants (par exemple de 5 points pour les couples avec deux enfants).

 

[1] En pratique celles du « régime général » dont la « caisse nationale d’allocation familiales » verse les prestations familiales pour tous les régimes à l’ensemble de la population.

[2] Il existe des dispositions favorables aux familles avec enfant dans les législations relatives aux impôts locaux et même à l’impôt sur les sociétés (crédit d’impôt « familles »).