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FIPECO le 29.10.2025

Les fiches de l’encyclopédie                                                          VII) Les finances locales

                                                            

 

8) L’emploi et les salaires dans les collectivités locales

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La fonction publique territoriale (FPT) emploie 1,99 million de personnes fin 2023 (sans compter 0,02 million de contrats aidés), soit 34 % des effectifs de l’ensemble des trois fonctions publiques (Etat, Hôpitaux et collectivités territoriales) et 6 % des personnes ayant un emploi en France.

Cette fiche présente la répartition des effectifs de la FPT et leur évolution dans le passé ainsi que la rémunération et la durée du travail des agents. Des informations plus générales sur les effectifs, les rémunérations et la durée du travail dans l’ensemble des trois fonctions publiques peuvent être trouvées dans d’autres fiches relevant du thème masse salariale publique.

A) Les effectifs en 2023

1) La répartition par catégorie de collectivités

Le graphique ci-dessous montre la répartition des effectifs de la fonction publique territoriale entre les communes, les départements, les régions les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) et les autres établissements publics locaux à caractère administratif (EPA). Plus de la moitié des agents sont employés par les communes.

Les communes emploient 1,0 million de personnes, les départements 0,3 million, les régions 0,1 million et les établissements publics locaux (surtout intercommunaux) 0,6 million en 2023.

Source : direction générale de l’administration et de la fonction publique ; FIPECO

2) La répartition par nature d’emploi

La FPT est moins qualifiée que l’ensemble des trois fonctions publiques. Elle comprend une proportion nettement plus importante d’agents de catégorie C (qui correspondent approximativement aux ouvriers et employés de la nomenclature des catégories socio-professionnelles) et une proportion moins importante d’agents de catégorie A (qui correspondent à peu près aux cadres et professions intellectuelles supérieures) et B (professions intermédiaires).

La répartition par catégories d’emplois au 31.12.2023 (% du total)

 

Fonction publique territoriale

Trois fonctions publiques

Catégorie A

13

39

Catégorie B

15

22

Catégorie C

72

39

Source : direction générale de l’administration et de la fonction publique ; FIPECO

Les agents de la FPT sont pour 26 % d’entre eux des contractuels (23 % pour l’ensemble des trois fonctions publiques).

3) La répartition géographique

Source : rapport sur l’état de la fonction publique de 2024 ; FIPECO

Les effectifs de la fonction publique territoriale sont très inégalement répartis sur le territoire, comme le montre le graphique ci-dessus qui rapporte, pour chaque région, ces effectifs au nombre d’habitants. Entre le Grand-Est et la Martinique, ce ratio varie du simple au double. Comme les besoins à satisfaire ne varient probablement pas dans les mêmes proportions, il en ressort qu’il existe d’important gisements de productivité dans de nombreuses collectivités, plus particulièrement dans le sud de la métropole et Outre-Mer.

4) La répartition par filière

Les principales filières dans lesquelles sont employés les agents des collectivités territoriales sont les filières technique (44 % de l’emploi total), administrative (22 %), sociale (9 %), de l’animation (8 %), médico-sociale (4 %) et culturelle (4 %).

B) L’évolution des effectifs

De 2000 à 2014, les effectifs de la fonction publique territoriale ont augmenté en moyenne de 2,5 % par an, contre 0,9 % par an pour l’ensemble des trois fonctions publiques. L’emploi dans la FPT a certes été accru au cours de cette période du fait du transfert de 140 000 personnes dans le cadre du mouvement de décentralisation initié en 2004 (personnels techniques des lycées et collèges en particulier). Toutefois, après déduction de ces emplois, la croissance des effectifs de la FPT est encore de 2,0 % par an.

Source : Rapports sur l’état de la fonction publique annexés au projet de loi de finances ; Insee ; FIPECO ; hors emplois aidés

De 2014 à 2023, la croissance annuelle moyenne des effectifs a été de 0,4 % pour l’ensemble de la FPT, contre 0,6 % pour l’ensemble des trois fonctions publiques. Les effectifs de la FPT ont diminué en 2015 (- 0,3 %) et 2016 (-0,2 %), notamment dans les communes et les départements. Les effectifs sont repartis à la hausse sur 2017-2019 mais ont diminué de nouveau en 2020 (- 0,2 % ou encore – 4 000 emplois) pour remonter de 2020 à 2023 (0,7 % par an soit 14 000 postes).

De 2014 à 2023, la croissance des effectifs en moyenne annuelle a été de 0,5 % dans le secteur communal et de 2,1 % dans les régions. Elle a été négative (- 0,4 %) dans les départements.

C) Les rémunérations

Le salaire net moyen en équivalent temps plein des agents des collectivités locales était de 2 254 € par mois en 2023, contre 2 735 € pour les salariés du secteur privé, mais le niveau de qualification de la fonction publique territoriale est plus faible.

Les ouvriers et employés (catégorie C pour la fonction publique) ainsi que les professions intermédiaires (catégorie B) ont en fait des rémunérations relativement proches dans la FPT (respectivement 2 003 € et 2 552 €) et dans le secteur privé (1 996 € et 2 656 €). En revanche les cadres de la FPT (3 630 €) sont moins payés que ceux des entreprises privées (4 574 €). Ces caractéristiques sont communes aux rémunérations des trois fonctions publiques.

De 2007 à 2023, le salaire net moyen par équivalent temps plein a augmenté de 0,1 % par an en euros constants dans la FPT, comme dans la fonction publique d’Etat, et de 0,4 % dans le secteur privé.

D) La durée du travail

La durée annuelle du travail à temps complet est de 1 599 heures en 2023 dans les collectivités locales. Elle a un peu augmenté depuis 2016 (1 574 heures) mais reste inférieure à la durée légale (1 607 heures), à la durée moyenne dans l’ensemble des trois fonctions publiques hors enseignants (1 634 heures) et à la durée moyenne dans le secteur privé (1 698 heures).

La durée hebdomadaire normale (sans congés) est de 38,2 heures contre 39,0 heures dans l’ensemble des trois fonctions publiques hors enseignants et 39,0 heures dans le secteur privé. Le nombre de jours de congé (hors maladie) et de RTT est de 30 contre 33 dans l’ensemble des trois fonctions publiques hors enseignants et 26 dans le secteur privé. Les collectivités locales se distinguent par le nombre de jours de congés qu’elles décident d’accorder à leurs agents hors jours de compensation de la RTT (« jours du maire » par exemple).

Une fiche de l’encyclopédie donne plus de précisions sur la durée du travail dans la fonction publique.

E) La masse salariale

1) La masse salariale en 2024

La masse salariale des administrations publiques locales s’est élevée à 95,2 Md€ en 2024, soit 28,8 % de leurs dépenses et 5,7 % du total des dépenses des administrations publiques, après 92,2 Md€ en 2023.

Les salaires bruts comptent pour 68,6 Md€ et les cotisations sociales à la charge des employeurs pour 26,6 Md€.

La masse salariale des seules collectivités territoriales s’est élevée à 81,4 Md€ en incluant les cotisations des employeurs (78,1 Md€ en 2023) et celle des organismes divers d’administration locale à 13,8 Md€ (14,1 Md€ en 2023).

La répartition de la masse salariale, cotisations employeurs incluses, des collectivités territoriales en 2024 est la suivante : 59,4 Md€ pour les communes et leurs groupements ; 14,6 Md€ pour les départements ; 4,8 Md€ pour les régions.

2) L’évolution de la masse salariale

Le graphique suivant présente la croissance de la masse salariale des administrations publiques locales (APUL) et de l’ensemble des administrations publiques (APU). Il s’agit de la masse salariale brute (hors cotisations sociales des employeurs). En effet, les évolutions de ces cotisations sont déterminées pour une grande partie par les hausses de taux décidées par l’Etat au profit des régimes de retraite de la fonction publique. Or ces hausses permettent de financer un montant de pensions qui résulte en grande partie de décisions de recrutement prises il y a très longtemps et ne reflètent pas les efforts réalisés ou non ces dernières années pour maîtriser la masse salariale.

Source : Insee ; FIPECO. Masse salariale hors cotisations des employeurs.

Ce graphique montre que la croissance de la masse salariale des APUL a toujours été beaucoup plus forte que celle des APU jusqu’à 2015. Ce fut plus particulièrement le cas en 2007 et 2008 mais les années 2007 à 2010 ont été marquées par le transfert de 140 000 agents de l’Etat aux collectivités territoriales dans le cadre de la loi de 2004 sur la décentralisation de nouvelles compétences. Depuis 2016, la croissance de la masse salariale des APUL est proche de celle des APU, voire un peu plus faible.

La progression des dépenses de personnel des APUL résulte principalement de celle des dépenses de personnel des collectivités territoriales. Elle est difficile à analyser faute de données suffisamment précises. L’emploi et les salaires moyens par tête ne sont en effet connus que sur un champ un peu différent, celui de la fonction publique territoriale. Il apparaît toutefois que l’emploi local a augmenté plus vite que l’emploi public total jusqu’en 2014 puis que cette tendance s’est inversée, probablement sous l’effet de la réduction des dotations de l’Etat aux collectivités locales.